Mercredi 13 août 2008
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Une ville vous ouvre ses portes, vous comble de découvertes et de richesses ; elle ne s’attend pas à ce que vous lui tourniez le dos !
Nous avions choisi Barcelone comme destination de vacances, mais nous n’espérions pas rester enfermées en ses murs tout le séjour durant. Car, si elle
regorge de plaças ensoleillées, de granjas où siroter un café sous un Everest de crème fouettée, de
boutiques aux concepts audacieux jusqu’à la casa de embotits (charcuterie fameuse s’il en est) et de palmiers en bord de mer, Barcelone n’en reste
pas moins une ville. Avec des bruits de ville, des odeurs de ville et des mouvements de ville.
Et nous, nous sommes justement des filles de la ville. Nous en déchiffrions aisément les codes et profitions de chaque barri, mais au bout de
quelques jours, le dépaysement ne nous suffit plus; surtout aux alentours de la via Gracia où de la petite cuillère aux escarpins tout est
siglé français.
Nous étions là « en vacances », il nous fallait de l’air, du nouveau, de la nature et surtout de la solitude, loin des nuées de touristes en goguette pour un WE férié. Les guides incitant à
entreprendre la visite de la région, nous projetâmes deux excursions, l’une à la montagne, l’autre à la mer, histoire d’optimiser le dépaysement.

Jusqu’ici, nous ne nous étions pas risquées en dehors de la zone 1 de notre très
pratique
titol multipersonnal de viatges. Oui, on peut circuler en métro ici même avec plusieurs personnalités, pourtant nous n’avons croisé que peu
de schizophrènes, et c’est tant mieux ;-)
Le métro barcelonais est simple d’accès, la lecture en est aisée : quelques numéros assortis de quelques couleurs. Sur le quai, on vous colorie les stations restant à parcourir, dans la rame
celles-ci s’éclairent quand vous les avez déjà passées et on vous les annonce par écrit et par oral. D’une facilité enfantine ! Pour les bus, c’est certes un peu plus complexe, mais les stations
sont nombreuses et les numéros visibles. Nous étions très fières de nos déplacements intra-muros, allant même jusqu’à courir pour attraper le mode de transport à l’approche, comble de l’aisance
citadine.
Mais pour sortir de la ville, ça se gâte… Déjà, la ligne de train à courtes distances (
RENFE) profite de l’automne pour se refaire une beauté,
ou plus exactement et surtout plus impolitiquement : parce que les rails se sont effondrés lors de la construction de la nouvelle autoroute. Mieux vaut ne pas être en dessous penserez-vous, c’est
ce que nous avons pensé. Et nous nous sommes tournées vers les lignes de
ferrocaril et de
mon-bus.
Reconnaissons ici que nous avons un peu cherché la complication en refusant de nous soustraire au tarif (exorbitant à nos yeux) des fameux
tourists packs
proposant de prendre en charge une excursion millimétrée jusqu’au repas, dont nous n’avions que faire dans notre souci de nous mêler aux
autochtones.
Ainsi nous arpentâmes les plages ensoleillées de
Sitgès entre deux petits bars à jus de fruits et deux noces colorées (c'était un samedi). Nous crapahutâmes
sur les rochers abrupts de
Montserrat entre deux petits ermitages isolés et aériens, pour la plus grande joie de nos poumons (et pour fuir la
masse de pèlerins de la Toussaint)...
C'est lorqu'il a fallu rentrer que Barcelone a commencé à nous bouder... Où trouver l'arrêt du dernier bus de retour indiqué en différents endroits éloignés de la station balnéaire? Comment
faire face à la raréfaction de funiculaires nous abandonnant à flanc de montagne et à la nuit fraîchement tombante? A force de patience et de tentatives langagières, nous finîmes par retrouver
notre nid citadin.
Mais, il est fort possible que nous ne puissions pas rentrer en France! Les avions, s’ils atterrissent très visiblement sur le front de mer toutes les 54 secondes, ne semblent jamais repartir.
Nous n’avons été, à ce jour, témoins d’aucun décollage officiel et ce même à l’aéroport… inquiétant… Serions-nous devenues otages inconscientes de cette ville tentaculaire ?
Notre retour ou non-retour confirmera nos présomptions et Barcelone ne pourra plus jouer les innocentes ! Et c’est tant mieux car nous n’avons pas fini de l’exploiter…