Jeudi 12 juin 2008
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22:55
C’est fantastique ! A Barcelone, en novembre, on se croirait au printemps… à moins que cela ne soit l’été juste avant l’automne, voire un peu l’hiver aussi…
En débarquant au début de l’après-midi du frileux nord européen, quelle douceur de trouver un soleil narquois resplendissant et de traîner ses bagages du train au bus au métro en suant comme
un torro espanol (sensation déjà aux oubliettes depuis la mi-août dans nos contrées) !
Fatalement, une fois les bagages déposés, on ressort légèrement vêtus pour se ruer vers la 1ère terrasse au soleil : « une glace en terrasse le 2 novembre, imagine la tête des collègues au boulot !
». C’est un vrai délice, le soleil chauffe comme en été, votre nez prend des couleurs et les lunettes dites « de pouf » sont indispensables pour pouvoir lire l
a carta. Vous pensez à tous les
débardeurs qui croupissent dans vos tiroirs à Paris. Et vous relevez vos manches avec bonheur.
Erreur légitime… vous ne pouviez pas savoir que passé 15 h très précises, l’été barcelonais mue en été indien du Nord américain, autant dire en automne. « C’est vrai, remarquez-vous, les feuilles
des arbres ont la couleur d’or du maïs et le vent se lève ». Qu’à cela ne tienne ! Vous n’avez sûrement pas omis d’emporter une petite laine qui vous couvrira les épaules ; faire enrager son
entreprise à distance vaut bien quelque sacrifice vestimentaire !
Oui, mais voilà, quand vers 17h39, le soleil disparaît derrière les collines (et même encore plus loin derrière, nous avons vérifié, il fait aussi sombre), le port du manteau avec écharpe devient
impératif ! Heureusement, nombreuses sont les boutiques pour accueillir vos économies et vous vous enveloppez de couches oignonaires (il est bien connu qu’un petit haut+une robe+un pull+un manteau
couvrent davantage qu’un manteau seul). Bien équipé, vous vous réjouissez d’avoir sur faire face avec autant de bon sens et de vélocité.
Et le lendemain matin, vous sortez dans vos nouveaux atours pour sacrifier au rituel matinal
« churros y tassa de chocolate » en terrasse (le soleil n’est pas loin et cela fera toujours
enrager les collègues congelés sur le trottoir de leur pause clope parisienne). Vous commandez, et comble de chance, avec votre tasse brûlante, le soleil envahit la
plaça. Déjà 11h ? Vous
enlevez votre manteau puis votre pull, l’air est doux et léger, bercé de chants d’oiseaux, avec comme un parfum de fleurs… on se croirait au printemps…
Comme vous aviez prévu une longue journée de visite autour de la ville, vous êtes tentés de repasser dans votre piso pour y déposer les vêtements inutiles. Vous aurez ainsi les mains libres pour
déambuler d
’un barrio al otro et charrier plein de souvenirs encombrants.
Ainsi faites-vous… et lorsque vers 14h58, le vent se lève, vous réalisez que la terrasse où vous terminez vos
patatas bravas con curry se retrouve à l’ombre à la vitesse de la lune éclipsant
le soleil…et donc qu’une autre année vient de s’écouler… c’est l’automne… ce qui ne vous étonne pas vraiment, car nous sommes en novembre.
Vous l’aurez compris, celui qui réussit l’exploit de traverser 24h avec la même tenue et un tout petit sac à main dans la Barcelone de novembre… est celui qui reste chez lui ;-)